
Résumé
Évaluation de plantes-abris pour optimiser l’implantation de plantes
Fourragères pérennes dans la zone du littoral du lac saint-pierre
Ce projet mené de 2023 à 2025 dans la zone littorale du lac Saint-Pierre visait à évaluer l’utilisation de deux plantes-abris afin de faciliter l’implantation de prairies pérennes d’alpiste roseau et de lotier corniculé dans un contexte de fortes contraintes hydriques et de pression élevée de mauvaises herbes. Quatre sites expérimentaux ont été établis selon un dispositif en carré latin à trois niveaux à Baie-du-Febvre (BAIE11 et BAIE12), à Saint-Barthélemy (BART14) et à Pierreville (PIER07). Les trois traitements réalisés étaient un mélange d’alpiste roseau (9 kg ha-1) et de lotier corniculé (8 kg ha-1) avec une plante-abri d’herbe du Soudan (10 kg ha-1) ou d’avoine (70 kg ha-1) ou un témoin sans plante-abri. Durant les trois années du projet, les crues printanières ont été courtes et de faible envergure. Toutefois, les quatre sites expérimentaux ont été fortement affectés par des précipitations estivales abondantes, entraînant une saturation excessive des sols et retardant fréquemment l’accès de la machinerie au champ. Ces conditions ont occasionné des difficultés d’établissement et de croissance des plantes-abris et des espèces fourragères.
Aux sites BART14 et PIER07 en 2024, malgré une forte proportion de mauvaises herbes, deux coupes ont permis d’obtenir un fourrage composé d’une proportion appréciable de lotier corniculé ou d’alpiste roseau (biomasse moyenne totale de fourrage de 4 677 et de 7 581 kg MS ha-1 respectivement). En 2025, bien qu’une seule coupe ait été possible en raison des pluies abondantes, les sites BART14 et PIER07 ont produit des biomasses intéressantes moyennes de 1 909 kg MS ha-1, dominées par les plantes fourragères, avec une nette progression de l’alpiste roseau et une diminution marquée des mauvaises herbes. Les sites BAIE11 et BAIE12 ont subi plusieurs inondations liées à des pluies intenses et au débordement d’un ruisseau adjacent et seules des mauvaises herbes se sont développées, empêchant toute récolte de fourrage à chacune des trois années du projet. Le site BAIE11 a montré une apparition tardive d’alpiste roseau, possiblement d’origine spontanée, sans toutefois fournir un fourrage satisfaisant.
Lorsque les conditions sont favorables, ces prairies produisent un fourrage de bonne valeur nutritive. En termes de recouvrement, les sols ont été recouverts de végétaux de 83 à 99 %, laissant très peu de sol à nu. L’atteinte d’une hauteur maximale de végétation propice à la faune aquatique (perchaude et grand brochet) selon Paquin et al. (2024) a été variable d’un site à l’autre. Elle dépend du succès d’implantation de la prairie, de la composition botanique des espèces et de la régie des fauches. Dans les conditions de l’étude, les deux types de plante-abri testés n’ont pas eu d’effet sur l’implantation des espèces fourragères.
Les sols sujets à la saturation en eau constituent le principal facteur limitant l’implantation des prairies, rendant leur succès incertain en zone littorale, sauf sur des parcelles bien drainées et situées en zone moins sujette à l’accumulation d’eau. Globalement, l’alpiste roseau s’est révélé mieux adapté que le lotier corniculé aux conditions d’excès d’eau. D’autres facteurs limitant l’implantation sont la pression élevée de mauvaises herbes à laquelle s’ajoute la présence importante de résidus végétaux apportés par la crue au printemps ou de biomasse non récoltée l’année précédente.
Informations sur le projet
Équipe de réalisation
Université Laval
Collaborateurs
Organismes subventionnaires
- Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ)
- Fondation de la Faune du Québec
Directeur(e) de recherche
Codirecteur(e)s de recherche







